Le 8 avril dernier, le site du CNRS Pouchet à Paris a accueilli un événement marquant pour le projet de recherche « Grandir aux Frontières » (Growing Up Across Borders – GRABS). Cette rencontre, qui s’est tenue au CRESPPA, a réuni chercheurs, acteurs associatifs et jeunes participants autour d’une ambition commune : valoriser la parole et la créativité des jeunes en situation de migration forcée en France.
Un séminaire pour interroger nos pratiques de recherche
La journée a débuté par un séminaire intitulé « Faire de la recherche participative avec des personnes en situation de migration forcée : réflexions et défis ». Dans un contexte où les méthodes créatives et non-extractivistes prennent une place croissante en sciences sociales, les intervenants ont partagé leurs réflexions sur l’éthique et le positionnement du chercheur.
La première partie de la table ronde a permis de confronter les regards académiques et associatifs. Jane Freedman, professeure à l’Université Paris 8 et responsable du projet, a dialogué avec Luc Viger de l’association Utopia 56. Sous la médiation de Glenda Santana de Andrade, ils ont exploré la manière dont la recherche peut soutenir le travail de terrain des associations, tout en soulignant les défis logistiques et éthiques de cette collaboration. L’enjeu majeur reste de produire une connaissance qui soit réellement utile aux populations concernées et qui s’inscrive dans une démarche non extractiviste.
La parole au cœur du projet : le témoignage des jeunes
Le moment fort de ce séminaire fut sans nul doute la prise de parole des jeunes participants. Karifa, Prisca, Goumbou et Abdoulaye ont partagé leur expérience des ateliers de photographie et de podcast. D’autres artistes et podcasteurs du projet, comme Clémence, Mara, Prunell et Liliana, ont également marqué de leur présence cet événement.
Avec une grande sincérité, ils ont expliqué les raisons de leur engagement dans ce projet de recherche. Au-delà des attentes initiales, les discussions ont porté sur ce que cette démarche leur a apporté — notamment la possibilité de raconter leur propre histoire, de rencontrer d’autres jeunes et d’acquérir des compétences — mais aussi sur les difficultés rencontrées, comme les moments sensibles où il faut parler de soi ou encore l’apprentissage de nouvelles techniques. Ces échanges ont permis de mettre en lumière l’importance de la restitution et du respect du récit des participants.
Vernissage : quand l’image prend le relais des mots
Le séminaire a été suivi du vernissage de l’exposition photographique « Grandir aux Frontières ». Les murs du CRESPPA ont ainsi accueilli les œuvres réalisées par les jeunes (15-25 ans), offrant aux visiteurs un regard intime et puissant sur leurs trajectoires et leurs vies en France.
Cette exposition est le fruit d’un travail collectif qui utilise la photographie comme outil de revendication et d’expression de soi. La soirée s’est clôturée par un moment de convivialité autour d’un pot, permettant aux visiteurs de prolonger le dialogue avec les jeunes artistes et l’équipe de recherche.
L’équipe du projet GRABS remercie chaleureusement tous les partenaires et participants qui ont fait de cet événement un succès, marquant une étape essentielle dans la diffusion de ce travail de recherche participatif.

